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Transcription du podcast 

LA FOLLE THÉORIE

 

Épisode 5

Le langage

de l'espace 2D

0. Teaser : Voie transversale

Les sciences physiques nous ont appris que les couleurs sont des fréquences de vibration de la lumière. Mais vivre à l'interne l'expérience d'une couleur dans la perception, et bien  c'est quelque chose qui ne peut pas s'expliquer par une approche physique externe. C'est là qu'on en est rendus d'ailleurs aujourd'hui face à ce fossé là entre les sciences physiques et les sciences humaines. Donc, pour comprendre nos perceptions, il faut aussi les étudier de l'intérieur, dans leurs aspects psychiques. Mais comment faire ça ? Et bien c'est en passant par le langage qu'on peut connecter la physique et les sciences humaines ! Et c'est comme ça que dans cet épisode là on va voir l'envers psychologique et abstrait des vibrations et des fréquences physiques.

 

1 - Introduction et rappels

1. Introduction et rappels

Bonjour tout le monde, c'est Alexandra Folie avec sa Folle Théorie ! Si vous avez écouté les épisodes précédents, vous savez qu'un objectif de la Folle Théorie, c'est d'entrer dans la pensée des systèmes, pour s'élever au dessus de nos systèmes de pensée, hein, qu'on aime tant. On va venir remettre en question les fondements de toutes nos croyances spirituelles, idéologiques, politiques, philosophiques, etc ! Alors beaucoup d'émotions fortes sont à prévoir. Et justement, les émotions on va en parler dans cet épisode-ci, qui s'intitule "Le langage de l'espace 2D". 

Dans l'épisode précédent on a commencé à faire de l'analyse sémantique, c'est-à-dire qu'en passant par le langage on a établi des correspondances de structures entre les phénomènes physiques, les phénomènes psychologiques et les phénomènes abstraits. Et on a vu que les ensembles à une dimension d'espace-temps correspondent au champ sémantique des quantités.

2 - L'univers apparent 2D

2. L'univers apparent 2D

Maintenant on va faire l'analyse sémantique des phénomènes physiques, psychologiques et abstraits à deux dimensions.

 

On a vu que les espaces à deux dimensions ce sont des surfaces planes et que les caractéristiques qui peuvent être contenues sur des surfaces planes, ce sont des fréquences et des pressions. Et les phénomènes physiques qui ont des caractéristiques de fréquences et de pressions, ce sont des  ondes et des vibrations. Par exemple les fréquences des vibrations sonores forment des sons plus ou moins aigus ou graves, et la fréquence de vibration des photons détermine les différentes couleurs de la lumière. Si c'est une très haute fréquence, la couleur elle est dans l'ultra-violet et si c'est une très basse fréquence, la couleur elle est alors dans l'infra-rouge, et comme vous le savez sans doute, entre l'infra-rouge et l'ultra-violet et bien c'est le spectre des couleurs qui sont visibles par l’œil humain.

 

On a vu aussi que les ensembles à deux dimensions sont des univers apparents et que c'est ces ensembles là qui permettent la perception par les sens. Étant donné qu'une couleur est définie physiquement par la fréquence de vibration de la lumière, alors il faut deux dimensions minimum pour que la couleur se produise. Et il faut aussi deux dimensions minimum pour qu'une couleur se manifeste dans la perception : Si vous fermez les yeux et que vous imaginez une couleur, vous faites apparaître une surface colorée dans votre esprit. Autrement dit c'est à deux dimensions que l'apparence apparaît. Et ce n'est donc pas un hasard si le mot superficiel désigne à la fois ce qui est en surface et ce qui concerne les apparences.

 

3 - Induction 2D : les qualités

3. Induction 2D : les qualités

 

Si on analyse ensemble maintenant le vocabulaire qui se rapporte à ces phénomènes physiques là à deux dimensions, et bien on a alors les mots aigu, grave, rouge, violet et haute ou basse fréquence. Et qu'est ce que ces mots là ont en commun ? Et bien ce sont tous des adjectifs qualificatifs. C'est-à-dire que ces mots là servent tous à indiquer les propriétés des choses. Alors on fait ensemble l'induction suivante : Les phénomènes à deux dimensions correspondent au champ sémantique des qualités.

 

Une dimension 

(1D) c'est les quantités

Deux dimensions

(2D) c'est les qualités.

 

Et ça confirme qu'on est bien dans le champ de qui est apparent et sensible, parce que la plupart des qualités physiques et bien c'est des choses dont on fait l'expérience par nos sens, donc par les sensations. 

4 - Des aspects sans apparence

4. Des aspects sans apparence

Maintenant, on va prendre le champ sémantique des qualités, qui correspondent à deux dimensions d'espace-temps et on va le croiser avec le domaine de l'abstraction, c’est-à-dire le monde de l'information, des données, des idées et des concepts, autrement dit l’univers de la pensée. Et bien la notion de qualité, qui est caractéristique de l'ensemble 2D, elle s’exprime dans le domaine abstrait en termes d'aspects.

 

Un aspect c'est un ensemble d'une ou plusieurs qualités. Pour désigner les différentes sortes d'aspects de quelque chose, on parle généralement de ses différentes facettes. Les facettes, c'est encore du vocabulaire qui se rapporte aux surfaces, c'est-à-dire à ce qui est superficiel et apparent. Pourtant, on peut parler de tel ou tel aspect d'une chose aussi abstraite et complexe qu'un concept, alors que ça n'a pas d'apparence. Par exemple on peut dire que le concept de mécanisme a forcément des aspects temporels. 

 

Rappelez vous qu'on est dans le domaine abstrait, c'est le monde de l'information, des données, des idées et des concepts. Donc tout ce qui fait partie de l'univers du langage et de la pensée.

Donc c'est quoi l'équivalent d'une qualité physique dans le domaine abstrait ? Et bien c'est une propriété, au sens où c'est une qualité opératoire, donc ça indique comment la chose dont on parle va se comporter. Et bien ces qualités opératoires là elles sont forcément plutôt temporelles. 

 

Par exemple le cuivre c'est un conducteur d'électricité, c'est une propriété, c'est-à-dire que c'est une qualité opératoire du cuivre. Mais si je dis que le cuivre est de couleur orangée, et bien là on parle d'une qualité spatiale, c'est pas opératoire. Dans le cadre de la Folle Théorie, pour que ce soit plus clair, on va distinguer nettement le spatial et le temporel :

 

Si c'est (2D) spatial on va dire que c'est une qualité (2D) et si c'est (2D) temporel et bien on va dire que c'est une propriété (2D). 

 

5 - Métaphores et transversalité

5. Métaphores et transversalité

Alors revenons aux aspects des concepts. On peut dire d'un concept qu'il nous apparaît plus ou moins flou ou net hein. Pourtant flou et net c'est physique, mais le concept lui et bien il est abstrait. Quand on dit ça en fait, on fait des métaphores, c'est-à-dire qu'on utilise des mots issus du domaine physique pour exprimer des qualités dans le domaine abstrait. Une métaphore on dit aussi que "c'est une image" qui illustre quelque chose d'abstrait, donc qui n'a pas d'apparence. Et quand on dit qu'une métaphore c'est une image, et bien on fait encore une métaphore. Parce qu'une image c'est physique, et on utilise donc quelque chose de physique pour expliquer quelque chose d'abstrait, la métaphore. Mais le pire c'est que c'est important, parce que la métaphore c'est en plein cœur de l'analyse sémantique, qui établit des correspondances entre le domaine physique et les autres domaines. Donc je vous dis pas à quel point j'ai souffert pour comprendre les maudites métaphores qui sont jamais claires pour moi ! Donc vous pouvez deviner que je ne suis peut-être pas une grande fan de poésie là, c'est pas la première chose que je vais me mettre à lire mettons… 

6 - L'expérience des qualia

6. L'expérience des qualia

Mais bon, revenons à nos concepts qui peuvent être flous et nets. Ces adjectifs là  “flou” et “net”, et bien ils se rapportent à nos sensations au sujet du concept. 

“Sensations”, voilà un autre mot-clé parce que les sensations sont elles-mêmes des phénomènes à deux dimensions. Rappelez vous, deux dimensions c'est les fréquences et les pressions des ondes et des vibrations. Et bien tous ces phénomènes là vibratoires à deux dimensions, dans la perception c'est d'abord des stimuli physiques, qui sont vécus psychiquement, ça devient des sensations. Physique, psychique, les deux se structurent conjointement.

 

Les sensations c'est en quelque sorte le “support” de l'apparence, donc c'est à la fois le contenu et le contenant des aspects et des qualités dans nos perceptions. Quand je dis que la sensation est à la fois le contenu et le contenant des qualités, et bien c'est parce que le mot sensation désigne les qualités elle-mêmes, qui sont le contenu et ça désigne aussi leur perception, qui est le contenant. On ne peut pas les séparer. Vous pouvez penser à des notes de musique sans nécessairement les entendre, sans vous les représenter. Si je vous dis Fa dièse” ou “Sol Bémol”, vous ne les entendez pas forcément intérieurement. Mais quand vous avez une sensation, alors vous en faites l'expérience directe, donc vous la vivez, vous faites un avec la sensation, la sensation fait partie de vous. Dans les sciences cognitives, l'expérience de la qualité de quelque chose, on appelle ça un quale : Q.U.A.L.E. Et au pluriel c'est des qualia, Q.U.A.L.I.A. C'est quoi les qualia ? Et bien

 

Les qualia c'est les qualités telles qu'elles sont vécues en tant qu'expérience.

 

Par exemple, c'est ce que vous vivez comme expérience quand vous percevez une couleur ou un son. Parce qu'on a beau savoir que les couleurs sont des fréquences de vibration de la lumière, l'expérience d'une couleur dans la perception c'est quelque chose qui ne s'explique pas physiquement. Et c'est ça que ça désigne finalement le mot qualia. C'est aussi simple que ça. Et vous voyez maintenant toute l'importance d'étudier les perceptions depuis l'intérieur.

 

Souvenez vous de la citation du cybernéticien Klaus Krippendorff. Il disait:

 

“Toute chose située hors du système nerveux n'est accessible qu'à travers ce système nerveux, et ne peut être observée directement hors de la façon dont le système nerveux opère.”

 

Et bien c'est en plein ça les qualia, et vous réalisez que les sensations et la 2D en général et bien ça nous mène tout droit au domaine psychologique. 

 

7 - Émotion 2D psychique

7. Émotion : 2D psychique

Voyons justement maintenant ce que ça donne quand on croise le champ sémantique à deux dimensions, c’est-à-dire celui des qualités, avec le champ sémantique du domaine psychologique. 

 

On a vu que les qualités physiques c’est des vibrations qui sont perçues par les sensations. Nos sens physiques nous permettent de faire l'expérience de sensations physiques. Mais les sensations ça concerne pas que le domaine physique. Par exemple, on peut ressentir de la confusion, hein. Et ça C'est un état psychologique. C'est bien une sensation mais ce n'est pas la représentation d'un stimulus qui vient du monde physique comme un son ou une image pour donner des exemples. 

 

Alors qu'est ce que c'est qu'une vibration psychologique, ou bien une sensation psychologique ? Et bien c'est tout simplement une émotion. Dans le langage, on dit qu'on ressent une émotion, de la même façon qu'on ressent une sensation physique. En plus, les émotions sont étroitement liées à des réactions du corps. Par exemple, quand on a peur on a l'estomac noué. D'ailleurs au sens étymologique une émotion, c'est ce qui nous fait nous mouvoir, c'est à dire que ça se manifeste dans un mouvement du corps. Et généralement quand on a fait l'expérience de sensations physiques particulières, ça génère des émotions. Par exemple, telle musique va nous rendre joyeux et nous donner envie de danser, tandis qu'une autre musique au contraire va nous rendre triste et nous démotiver. Donc les émotions, c’est en quelque sorte des fréquences psychologiques et c'est aussi des qualités. 

Une émotion, c'est à la fois une qualité qu'on ressent, et une qualité qu'on est. Comme quand je dis "je ressens de la joie" je peux aussi dire "je suis joyeuse". Ça a le même sens. En tant que percevant dans l'instant présent, je suis ce que je perçois. Donc je suis la joie que je ressens. Alors les émotions c'est quelque chose qui nous apparaît, c'est notre expérience et c'est aussi ce qu'on manifeste conjointement. On peut dire aussi que les apparences dépendent de nos émotions et que nos émotions dépendent des apparences. Comme les émotions elles font partie des expériences perceptives du domaine des sensations, et bien elles peuvent aussi être considérées comme des qualia, des qualités, et des vibrations vécues de l'intérieur. 

8. Qualité ou propriété

Émotions, qualia, apparences, tout ça c'est des phénomènes à deux dimensions qu'on peut regrouper dans le domaine de l'expérience psychologique des qualités.

 

Les qualités elles QUALIFIENT les choses, c'est-à-dire qu'elles indiquent "comment" sont les choses. Quand on considère les qualités dans deux dimensions d'espace, on parle de formes ou de morphes. Un morphe et bien c'est une forme mais qui peut être abstraite. Par exemple un cercle ou un carré c'est des formes physiques. Tandis qu'une syllabe et bien c'est un morphe, une forme linguistique.

 

On va parler de manifestations quand les qualités sont dans deux dimensions D'ESPACE-TEMPS. Dans ce temps là on dit que c'est MANIFESTE. Par exemple une note de musique, c'est à la fois de l'espace et du temps et c'est manifeste. Et une émotion aussi hein c'est une vibration dans l'espace-temps. Souvenez vous dans l'épisode deux on a défini que l'espace c'est les aspects manifestes de l'espace-temps et que le temps c'est les aspects opératoires de l'espace-temps.

Alors qu'est ce que c'est qu'une qualité quand c'est dans deux dimensions de temps ? Et bien c'est une propriété. Par exemple si je dis que Jean-Claude Vandamme est drôle ou que Jean-Claude Vandamme est impatient et bien ce sont des qualités de Jean-Claude Vandamme, mais vous comprenez bien que ces qualités là ne sont pas très spatiales, elles ont un rapport beaucoup plus direct avec le temps. C'est des propriétés, c'est-à-dire que c'est des qualités opératoires, des qualités dynamiques qui se produisent dans le temps. Quand on parle des qualités d'un événement, c'est des qualités qui ne sont pas manifestes, alors qu'une forme et bien c'est dans l'espace, donc ça peut être manifeste.

 

8 - Qualité ou propriété
9 - Résumé de l'épisode

9. Résumé de l'épisode

Souvenez vous encore de l'épisode 2 où je vous ai parlé des trois échelles de réalité : La réalité abstraite, la réalité apparente et la réalité concrète. Et bien dans cet épisode-ci qui est consacré aux phénomènes à deux dimensions, on vient de faire l'analyse sémantique de la réalité apparente, et d'établir des correspondances entre les apparences du domaine physique, du domaine psychologique et du domaine abstrait des idées.

 

 

 

Alors voici un petit résumé de notre cheminement dans cet épisode. D'abord, en partant des phénomènes physiques, on a remarqué que les ensembles à deux dimensions, et bien on les exprime dans le langage par des adjectifs. Et comme les adjectifs ce sont des qualificatifs, on a induit que les phénomènes à deux dimensions forment le champ sémantique des qualités ou des propriétés. 

 

On a vu aussi que les qualités et les apparences physiques se traduisent en SENSATIONS dans la perception. 

 

Ensuite, en croisant le champ sémantique des qualités avec ceux des domaines abstraits et psychologiques, on a vu que ces phénomènes là à deux dimensions correspondent aux notions d'aspects dans le domaine abstrait. 

 

Et finalement, par l'analyse sémantique on a déduit que les phénomènes à deux dimensions correspondent aux apparences et aux émotions dans le domaine psychologique et qu'ils donnent lieu à l'expérience de qualia, comme les sensations physiques.

 

 

Dans le prochain épisode, on va appliquer le même genre d'analyse aux phénomènes à trois dimensions. Et bon, la troisième dimension, je vous laisse deviner de quoi on va parler. J'espère que vous serez toujours des nôtres et je vous souhaite une belle fin de journée !

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